Les dolmens savoyards

De Helvetia Archaeologica ( Bulletin de la Société Suisse de Préhistoire et d’Archéologie )

Les dolmens savoyards

- Il existait en Haute-Savoie, aux environs de Genève, entre Voirons et Salève, quatre dolmens dont deux sont actuellement détruits. Les quatre mégalithes étaient grossièrement alignés sur un axe nord-sud. Le dolmen le plus septentrional est le dolmen de la Cave-aux-Fées (Saint-Cergues). - Six dalles soigneusement assemblées délimitent une chambre rectangulaire de 3,20 m sur 2,30 m. Une ouverture située au nord-ouest pratiquement au milieu d’un des grands côtés permet d’accéder à la chambre sépulcrale, couverte d’une grande dalle brisée en deux. Le dolmen contenait des ossements peut-être partiellement carbonisés.
- Second dans l’alignement , le dolmen de Cranves (Cranves-Sales) est aujourd’hui disparu. L’emplacement du monument reste incertain et l’on ne possède aucun renseignement sur sa construction. Le mobilier associé aux ossements humains était relativement abondant. On signalera particulièrement les tessons de deux gobelets campaniformes. Le premier , très élancé, a un profil en forme de S. Il porte à l’extérieur des bandes horizontales simples(décor mixte au peigne et à la cordelette). La face interne porte quatre lignes horizontales cordées. Les tessons du deuxième gobelet, qui semble avoir la forme d’un tonnelet, sont décorés sur toute la surface de lignes horizontales cordées très fines. Immédiatement au sud nous trouvons le dolmen de la Pierre-aux-Fées (Reignier). Ce monument se compose d’une grande dalle de couverture épaisse d’un mètre supporté par trois dalles verticales espacées. La dalle nord présente deux sillons verticaux permettant l’encastrement de deux autres dalles verticales actuellement disparues. Certains documents anciens montrent, du côté ouest, une sorte d’allée bordée de pierres plates. Ces pierres sont actuellement partiellement recouvertes de terre. Selon d’anciens témoignages le dolmen aurait été partiellement recouvert des vestiges d’un tumulus. Enfin le dolmen de la Pierre aux fées de Pers-Jussy, probablement détruit vers 1864, nous est connu par une description de Revon. L’ouverture était située au nord-est et l’énorme dalle de couverture de 6 m sur 4 m devait être soutenue par trois piliers.
- L’absence totale de mobilier attribuable aux constructeurs de ces dolmens rend leur datation difficile. A notre avis, il est possible d’exclure le Néolithique moyen puisque les sépultures de l’époque correspondaient à des inhumations repliées en petites cistes (cistes de type Chamblandes). Une datation au Néolithique récent paraît donc vraisemblable (deuxième moitié du troisième millénaire). La morphologie des deux monuments ne permet pas de pousser les comparaisons très loin. Le dolmen de Saint-Cergues ne s’apparente en effet à aucun ensemble mégalithique bien défini, et la morphologie primitive du dolmen de Saint-Cergues semble passablement altérée. La réutilisation des mégalithes au Néolithique final est par contre attestée par les campaniformes de Cranves qui présentent des affinités rhénanes et pourraient correspondre au moment ou l’on assiste à la diffusion de certains éléments campaniformes du dolmen M VI du site du Petit-Chasseur à Sion et seraient antérieurs aux campaniformes « mixtes » de l’horizon de reflux de Sangmeister.

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